Bonjour à toutes et tous,
Cette semaine je vais laisser un instant le rire de côté. J'aimerais consacrer les premières lignes de cette lettre à une ancienne accordeure qui comptait beaucoup pour moi et bon nombre d'entre vous, je le sais. J'ai la tristesse de vous annoncer le décès de Sylvie Beauregard. Il n'y a pas si longtemps, Sylvie était encore accordeure. Il n'y a pas si longtemps elle faisait résonner l'Accorderie de sa jolie voix durant les ateliers chants. Il n'y a pas si longtemps, elle apportait son sourire et sa bienveillance à chacune des accordineries ou tout autre moment où nous avions besoin de sa convivialité. Il n'y a pas si longtemps... et pourtant le temps passe et Sylvie s'en est allée. Elle va nous manquer et pour longtemps. Je suis désolée pour toutes les personnes qui, comme moi auraient souhaité se rendre à la cérémonie d'au-revoir qui a dû accompagner son décès. Malheureusement nous n'avons appris sa disparition que récemment, avec plusieurs semaines de retard. Si parmi vous, une personne sait où Sylvie repose, je vous laisse nous le dire pour que nous puissions éventuellement lui rendre un dernier hommage collectif. Merci à vous.
Par ailleurs, Sylvie faisait partie des accordeur.e.s qui appréciaient ces petites anecdotes qui ponctuent les débuts des lettres d'information, alors je change de registre, en espérant la faire sourire une dernière fois. Et vous aussi par la même occasion.
Ça fait bien longtemps que je ne vous ai pas parlé de mes meilleures copines et celle-ci, je la gardais au chaud depuis mon retour. Je n'ai pas pu la placer avant puisque, à l'Accorderie ou ailleurs il se passe toujours tant de choses à raconter. Ben oui pour rappel, entre temps, notre trésorière a tenté d’endetter l'Accorderie en nous obligeant à racheter une relieuse et, de mon côté, je me suis transformée en biberon. Pas simple la vie... Bon, ça ne va rien ajouter à l'histoire, mais tout de même, je vous plante le contexte. Durant mon congé maternité, j'ai dû m’exiler deux petites semaines chez ma maman. Un de ces soirs, semblables à tous les autres, je vais rejoindre mon bébé tout neuf dans la chambre où nous dormions. À la lumière de mon téléphone, j’aperçois au plafond, juste au-dessus de mon oreiller quelques grandes pattes noires sortant d'un petit trou. Catastrophe, comment puis-je faire pour m'endormir avec la suspicion que cette énormité sorte au beau milieu de la nuit. Pas possible ! Qu'à cela ne tienne, je redescends à la recherche d'un.e sauveur.euse. Mon petit frère et ma mère s'y collent. Me voilà obligée de transporter bébé endormi pendant qu'ils.elles s'affèrent tou.te.s les deux à passer l'aspirateur en espérant parvenir à retirer l'animal.
Au bout de quelques minutes l'affaire devait être réglée. Enfin, apriori, car ne connaissant pas la profondeur du trou, le doute persistait : la bête avait-elle vraiment disparu ? Me voilà allongée, guettant le plafond, peu rassurée, ma fille paisiblement endormie à mes côtés et qui de toute manière, à 2 mois, n'allait pas pouvoir faire grand chose pour moi. Dans ma tête ça turbinait et je me disais : "si l'araignée est toujours là, elle n'a plus de maison puisque comme une andouille j'ai conduit ma famille à retirer la toile. De fait, elle n'aura d'autre choix que de quitter sa tanière donc, finalement, ma situation est encore plus effrayante qu'auparavant". 20 minutes se passent, toujours rien. Je rends les armes et me place dos à l'animal. Puis un sixième sens m'oblige à me retourner une dernière fois. Et là, terreur, la pseudo-mygale descendait le long de son fil, telle une parachutiste en fin de course et n'allait pas tarder à atteindre notre lit. Heureusement, dans le doute j'avais changé de côté, sinon rendez-vous bien compte qu'elle se serait vautrée directement au milieu de mon nez. Vite, il fallait agir avant que madame n'atteigne le visage tout doux de mon petit boubou. D'un bon me voilà hors du lit, crocs à la main (oui, oui je mets des crocs !) le dernier combat allait commencer. Bon, ben, malgré ses 8 pattes, crocs VS araignée = la crocs gagne.
Conclusion : méfiez-vous car les araignées font parfois de l’escalade, ou pire du parapente.
Bonne résolution : ne jamais chasser une araignée qui n'est pas totalement sortie de sa cachette, au risque d'aggraver la situation.
Sur ce, revenons-en à l'Accorderie !

Juliette SEYER
Animatrice, Coordinatrice de l’Accorderie
L’Accorderie du Pays de Saint-Gilles
1 Rue Jules Ferry
85800 Saint-Gilles-Croix-de-Vie
09 67 82 93 32
06 74 56 26 90